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Autrefois pleins de vie, petits
garçons en culottes courtes et pieds nus, criant et jouant devant
l'école, femmes toutes vêtues de noir, la tête
recouverte d'un foulard leur
mangeant le front, chaussées de gros souliers, le baquet
ou la cruche ou le fagot de bois sur la tête, marcheuses
infatigables, vieilles aux cheveux blancs, ridées,
cassées, que suivaient les troupeaux de moutons, jeunes et vieux travaillant les champs avec une
patience infinie, nos villages éparpillés dans la
campagne, bâtis sur des éperons rocheux, à flanc de
coteaux ou dans des vallons encaissés, reliés entre eux
par des chemins à peine praticables à dos de mulet et à
pieds le plus souvent, donnaient à la Corse l'aspect
d'un immense verger.
Toits et planchers effondrés, sols
de terre battue ruisselants de lumière, murs
éventrés de ces maisons déchues, jardins envahis par les ronces, sépultures
abandonnées, oubliées ou perdues dans l'épaisse
végétation, ces ruines austères à l'apparence
fantastique, baignant dans l'atmosphère des siècles
passés, peuplées de fantômes
silencieux, dorment pour l'éternité dans la campagne à
l'odorant maquis que
parcourent parfois d'intrépides chasseurs de sangliers
ou quelques promeneurs égarés.
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Dernière mise à
jour pour cette page: 01 avril 2012 |
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