GHJACUMU BONICARDU

 

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CES VILLAGES ET CES HAMEAUX OUBLIES

PAESI SPINTI

Autrefois pleins de vie, petits garçons en culottes courtes et pieds nus, criant et jouant devant l'école, femmes toutes vêtues de noir, la tête recouverte d'un foulard leur mangeant le front, chaussées de gros souliers, le baquet ou la cruche ou le fagot de bois sur la tête, marcheuses infatigables, vieilles aux cheveux blancs, ridées, cassées, que suivaient les troupeaux de moutons, jeunes et vieux travaillant les champs avec une patience infinie, nos villages éparpillés dans la campagne, bâtis sur des éperons rocheux, à flanc de coteaux ou dans des vallons encaissés, reliés entre eux par des chemins à peine praticables à dos de mulet et à pieds le plus souvent, donnaient à la Corse l'aspect d'un immense verger.

Toits et planchers effondrés, sols de terre battue ruisselants de lumière, murs éventrés de ces maisons déchues, jardins envahis par les ronces, sépultures abandonnées, oubliées ou perdues dans l'épaisse végétation, ces ruines austères à l'apparence fantastique, baignant dans l'atmosphère des siècles passés, peuplées de fantômes silencieux, dorment pour l'éternité dans la campagne à l'odorant maquis que parcourent parfois d'intrépides chasseurs de sangliers ou quelques promeneurs égarés.

 

Dernière mise à jour pour cette page: 01 avril 2012