GHJACUMU BONICARDU

 

COPYRIGHT:  Décembre 2007

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D' AUTRES BANDITS CORSES

Combien sont-ils dans la montagne, dans le maquis, à s'opposer avec un farouche entêtement, aux autorités ? Combattent-ils une cause politique ou défendent-ils leur propre cause ?; sont-ils bandits d'honneur ou bien voleurs de grands chemins ?. Il est assurément bien difficile de juger objectivement ces hommes qui pour diverses raisons se sont mis un jour au ban de la société.

Certains, nourris de l'exemple d'un de leur proche, ont dès l'enfance décidé d'embrasser la "profession": "Quand je serai grand, je serai bandit." Au berceau déjà, on leur chantait cette berceuse:

Quand plus tard tu auras grandi,

Tu saura bien porter les armes,

Et ni voltigeurs ni gendarmes

Ne pourront te causer d'alarmes.

Alors, si le coeur t'en dis,

Tu seras un fameux bandit.

 


 

SERAFINO. Sévit en Balagne

Jugé indésirable dans l'île, il bénéficie de la part du ministre de la Justice d'un passeport pour l'Amérique mais refuse de partir en affirmant: "Je préfère mourir jeune dans mon pays que vieux en Amérique."

MASSONI (Jean et Xavier) Sévissent en Balagne

ARIGHI. Sévit en Balagne milieu du XIXème

TRAMONI Ghjuvan'Battista dit "Bricu". Devient bandit en 1892 en tuant le père d'une jeune fille qui le refusait pour gendre. Pour se faire craindre, il tue à Mela un enfant de 7 ans. Il sera assassiné en 1903.

GIUDICELLI Francescu Ghjuvanni. De Sera di Fiumorbu. Il prend le maquis en 1828 à 1836.

MATTEI Ceccu (1885)

ORNANO Camillu. Terrorise les cantons de Zicavo et de Santa Maria Sicchè de 1815 à 1829.

Les frères ANTONA. De Frasseto. Rapine et extorsion. Une prime est offerte pour leur capture en 1846.

ARII Ghuvan Antò. De Loreto

ACHILLI, COLOMBANI, BARTOLI. Sévissent et rackettent dans le Fium'Orbo.

 


 

NICOLAI Ghjuvan Camellu

(1863-1888)

Bandit d'honneur

Jean-Camille NICOLAÏ est né à Carbini le 09 juin 1863.

C'est un adolescent sans problèmes qui a fait ses études secondaires au lycée Fesch.

Son frère Napoléon qui a enlevé une fille Lanfranchi Catalina a été accusé d'enlèvement par son père Lisandru Lanfranchi (dit Lisandrone) qui a porté plainte contre lui. Napoléon sera condamné à une peine légère qui ne satisfait pas Lisandru Lanfranchi. Ce dernier décide alors de tuer Napoléon et brûle son corps. Il invoquera la légitime défense et sera acquitté.

Dès lors, Jean-Camille Nicolaï n'a plus qu'une seule obsession et il attendra le temps qu'il faudra pour laver l'honneur de sa famille. Au matin de 14 juillet 1884, à Porto-Vecchio, il abat le meurtrier de son frère de deux balles en pleine poitrine et prend aussitôt le maquis qu'il gardera pendant cinq ans sans commettre d'autres crimes, ne demandant rien à personne et n'acceptant d'être aidé que par sa famille. Quittant parfois le palais vert, toujours travesti et grimé pour ne pas être reconnu, il mène une vie à peu près libre, fréquentant souvent les commerces et les cafés Ajaccien  Un jour, une Riche Américaine en mal de sensations fortes tombe amoureuse de lui et lui propose de l'aider à quitter la Corse. Mais, le 18 avril 1888, à la Testa, s'étant rendu à une noce familiale déguisé en femme, victime probablement d'une trahison, il est reconnu et abattu par les gendarmes alors qu'il tente de s'enfuir. 

La Corse lui a rendu hommage en créant ce lamento:

Je suis devenu bandit,

Un bandit à la fleur de l'âge,

Parce que le destin maudit

A frappé mon frère au village...

 

 


 

GIACOMONI Ignazio

BORGHELLO

CIPRIANI

COLOMBANI Jean Antoine

STEFANINI Agostinu dit "Tortu".

 Racket, enlèvements. Il permet l'élection du maire de Sari-d'Orcino en 1841. Il sera tué par les voltigeurs corses en 1842

BENEDETTI

POLI Matéo de Balogna

 


Félix MICAELLI, dit "Feliciolu"

(1887-1932)

La région du Fiomorbo est à l'époque connue pour la violence de ses Vendetta; Certaines ont décimé jusqu'a vingt cinq membres d'une même famille. Inspirant la terreur, des bandits, comme Jean-Antoine Colombani, faisaient en politique la pluie et le beau temps.

Félix MICAELLI, originaire d'Isulacciu di Fiumorbu, pourtant, n'était pas de ceux là. C'était le type même du Bandit d'honneur dont l'histoire commence de la même manière que celle de Gallocchio. A dix huit ans, il enlève, consentante, la jeune fille qu'il aime. Le père porte plainte contre Félix Miacaelli qui crie sa bonne foi aux gendarmes venus pour l'arrêter. Refusant de les suivre, il tue un gendarme et en blesse un deuxième. Ayant pris le maquis, il tue pour se défendre, son cousin germain, le bandit Leonettu Bartoli, un être particulièrement dangereux qui voulait le supprimer et tous ceux qui lui font "la spia". Fatigué de fuir, il parvient à quitter la Corse pour Marseille où il s'engage dans la légion étrangère. Excellent soldat, apprécié de ses supérieurs, il est destiné à une carrière prometteuse. Mais le hasard veut qu'il soit reconnu par un compatriote. Contraint de quitter la légion, il rentre en Corse et reprend le maquis où il y mènera dès lors une vie sans histoire, fuyant le gendarme et tout ce qui porte un uniforme. Respecté de tous, il intervient comme "paceru"dans les familles en discorde. Pour vivre, il devient surveillant des exploitations fromagères et forestières. En 1914, quand la guerre éclate, il devient un "auxiliaire" de la justice en remettant les déserteurs à la police. En 1926, le poète Maistrale intervient pour lui demander son appui afin de protéger contre le vol la perception de Prunelli di Fiumorbo.

Ainsi fut la vie de ce bandit d'honneur, qui vécut une existence surprenante entouré de ses 3 femmes et de ses nombreuses maîtresses.

 


Ghjuvan' Simone ETTORI

(1880-1962)

Jean-Simon Ettori est né à Moca Croce.

Pour une sombre histoire de dette vieille de plus de vingt ans, il intervient pour régler le différent avec un certain Lenzi de Pila Canale. Accompagné de deux amis, Charles Ettori et Tafanelli, il rencontre donc dans son bar à Pila Canale le dénommé Lenzi auquel il vient remettre la somme demandée moyennant la signature d'un reçu. Les choses s'enveniment, le ton monte, des coups de feu sont échangés. Charles Ettori atteint mortellement un client du bar qui avait pris part au conflit, Simon Ettori blesse derrière le comptoir, la fille de Lenzi qui tentait de s'interposer, Tafanelli, qui n'est pas armé, ne tire pas.

Charles Ettori est arrêté à Moca-Croce et Tafanelli se constitue prisonnier.

 En 1907, la cour d'assise de Bastia condamne Charles Ettori aux travaux forcés à perpétuité et Bernardin Tafanelli à 10 ans de réclusion.

Devant un verdict aussi sévère Simon Ettori préfère rester au maquis et en 1910, après avoir commis 2 autres meurtres, dont celui d'un gendarme, il décide de quitter la Corse pour le Venezuela, pays dans lequel il vit pendant un an de petits métiers avant de se décider à retourner dans son village pour régler radicalement un différent avec un cousin qui venait de voler un boeuf à sa femme pour le vendre.

Après ce 4ème et dernier meurtre, Simon Ettori mène entre Moca-Croce et le maquis une existence tranquille avec ses trois femmes et ses 7 enfants, exerçant le métier de cordonnier, faisant respecter la justice en jouant les conciliateurs, haïssant les déserteurs et méprisant les bandits!

En janvier 1932 (déjà condamné deux fois à mort par contumace) sur les conseils de son frère, après de longues négociations avec le Procureur de la République, il décide de se constituer prisonnier. L'avocat César Campinchi qui  a choisi de le défendre plaidera l'acquittement.

 

 


  

CIAVALDINI Antoine: Auteur de12 assassinats.

BOCOGNANO François

GASPARINI Natale devient bandit en 1920

SCAPOLA Ghjuan' Baptista devient bandit en 1830 jusqu'en 1846

Les freres RIBETTI, de Casevecchie

RICCIARDI Don Luiggi

BASTIANESI Francescu, d'Ucciani

NEGRONI Ghjuliu. Rival de GALLOCCHIO

SAROCCHI François. né en 1792 à Rusiu.  Condamné 15 fois dont 4 à la peine de mort. Obtient en 1824 des autorités un passeport italien.

FIASCHETTI et GERMANI. Instaurent la terreur en Castagniccia.

CASANOVA. D'Evisa

GAMBINI Pasquale

Dans l'impossibilité d'éradiquer le crime, la justice préfère se débarrasser de ses bandits. En 1823, avec GALOCCHIO il bénéficie d'un sauf-conduit pour quitter la Corse.

BASTIANI Antone.

 


Petru GIOVANNI

(1859-1899)

 

Petru Giovanni est né en 1859 à Sartène.En 1884 il commet son premier vol et son premier meurtre. En 1898, il a à son actif 15 assassinats.

Après avoir terrorisé et racketté toute la région pendant plus de 15 ans, le 16 novembre 1899, il est finalement tué durant son sommeil d'une balle en pleine tête, dans une bergerie près de Conca par le père de la jeune qu'il était venu séduire.

 


Antonio -Marco ALFONSI dit "Muzarettu"

(1866-1952)

 

Antoine Marc ALFONSI, dit "Muzarettu" est né à Grossa (Sartène) le 15 novembre 1866. Il est issue d'une fratrie de 8 enfants. Si on le surnomme "Muzarettu", c'est parce qu'enfant, il aimait sauter par dessus les haies et les cours d'eau comme un "petit mulet".

A 21 ans, il épouse Pauline Tomasi qui lui donnera 6 enfants.

Un jour, Muzarettu, reproche à son neveu Toto Giannini ses fréquentations avec le bandit Bartoli. Giannini n'accepte pas les reproches de son vieil oncle et le gifle. Muzarettu, s'en rentre aussitôt chez lui, prend son fusil et part à la recherche de son neveu bien décidé à laver l'affront qu'il vient de subir en public. Il le trouve et sans un mot lui tire deux balles en pleine poitrine. Voici donc Muzarettu, contraint de prendre le maquis à l'âge de 66 ans. Conseillé par ses proches, il finit par se rendre aux Gendarmes. Il sera jugé et finalement acquitté. 

 En juin 1943, expulsé par les Italiens de son logement de Porto-Pollo, il en rend responsable le secrétaire de Mairie et l'abat; 4 mois plus tard, il commet son 3ème meurtre. De nouveau au maquis, il est surpris par les gendarmes et emprisonné à Ajaccio. Mais âgé (il a 78 ans) et souffrant probablement d'un cancer qui lui ronge le visage, il est conduit à l'hôpital Eugénie dont il s'évade le 02 novembre et rejoint le maquis dans les environs de Campomoro. Il est de nouveau condamné par contumace au travaux forcés à perpétuité  puis condamné à mort pour un double homicide le 07 juin 1945. Fatigué et défiguré par la maladie le vieux bandit finira ses jours au couvent de San Damiano et rendra le dernier soupir le 23 février 1952.

 


 

Entre 1846 et 1850 on ne compte pas moins de 146 homicides par an.

Alors, pour aider les gendarmes à capturer les bandits, une seule arme s'avère efficace: La prime.

L'état installe la corruption. Des groupes de voltigeurs, sorte d'auxiliaires de justice, sont créés.

Les actes de trahison se multiplient. 

Les meurtres baissent de moitié en 1851 et, en 1855, on n'en compte plus qu'une trentaine.

 

Dernière mis à jour pour cette page: 27 décembre 2011