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Combien sont-ils dans la montagne, dans le maquis, à s'opposer avec un farouche
entêtement, aux autorités ? Combattent-ils une cause
politique ou défendent-ils leur propre cause ?; sont-ils
bandits d'honneur ou bien voleurs de grands chemins ?. Il
est assurément bien difficile de juger objectivement ces
hommes qui pour diverses raisons se sont mis un jour au
ban de la société.
Certains, nourris de l'exemple
d'un de leur proche, ont dès l'enfance décidé
d'embrasser la "profession": "Quand je serai grand,
je serai bandit." Au berceau déjà, on leur chantait
cette berceuse:
Quand plus tard tu auras grandi,
Tu saura bien porter les armes,
Et ni voltigeurs ni gendarmes
Ne pourront te causer d'alarmes.
Alors, si le coeur t'en dis,
Tu
seras un fameux bandit.
SERAFINO. Sévit en Balagne
Jugé indésirable dans l'île, il
bénéficie de la part du ministre de la Justice d'un
passeport pour l'Amérique mais refuse de partir en
affirmant: "Je préfère mourir jeune dans mon pays que
vieux en Amérique."
MASSONI (Jean et Xavier) Sévissent en Balagne
ARIGHI. Sévit en Balagne milieu du XIXème
TRAMONI Ghjuvan'Battista dit "Bricu". Devient
bandit en 1892 en tuant le père d'une jeune fille qui le
refusait pour gendre. Pour se faire craindre, il tue à
Mela un enfant de 7 ans. Il sera assassiné en 1903.
GIUDICELLI Francescu Ghjuvanni. De Sera di
Fiumorbu. Il prend le maquis en 1828 à 1836.
MATTEI Ceccu (1885)
ORNANO Camillu. Terrorise les cantons de Zicavo
et de Santa Maria Sicchè de 1815 à 1829.
Les frères ANTONA. De Frasseto. Rapine et
extorsion. Une prime est offerte pour leur capture en
1846.
ARII Ghuvan Antò. De Loreto
ACHILLI, COLOMBANI, BARTOLI. Sévissent et
rackettent dans le Fium'Orbo.
NICOLAI Ghjuvan Camellu
(1863-1888)
Bandit d'honneur
Jean-Camille NICOLAÏ est né à Carbini le 09 juin 1863.
C'est un adolescent sans problèmes
qui a fait ses études secondaires au lycée Fesch.
Son frère Napoléon qui a enlevé
une fille Lanfranchi Catalina a été accusé
d'enlèvement par son père Lisandru
Lanfranchi (dit Lisandrone) qui a porté
plainte contre lui. Napoléon sera condamné à une peine
légère qui ne satisfait pas Lisandru Lanfranchi. Ce
dernier décide alors de tuer Napoléon et brûle son
corps. Il invoquera la légitime défense et sera
acquitté.
Dès lors, Jean-Camille Nicolaï n'a
plus qu'une seule obsession et il attendra le temps qu'il faudra
pour laver l'honneur de sa famille. Au matin de 14
juillet 1884, à Porto-Vecchio, il abat le meurtrier de son
frère de deux balles en pleine poitrine et prend
aussitôt le maquis qu'il gardera pendant cinq ans sans
commettre d'autres crimes, ne demandant rien à personne
et n'acceptant d'être aidé que par sa famille. Quittant
parfois le palais vert, toujours travesti et grimé pour
ne pas être reconnu, il mène une vie à peu près libre,
fréquentant souvent les commerces et les cafés Ajaccien Un jour, une Riche Américaine
en mal de sensations fortes tombe amoureuse de lui et
lui propose de l'aider à quitter la Corse. Mais, le 18
avril 1888, à la Testa, s'étant rendu à une noce familiale déguisé en
femme, victime probablement d'une trahison, il est reconnu et abattu par les gendarmes
alors qu'il tente de s'enfuir.
La Corse lui a rendu hommage en
créant ce lamento:
Je suis devenu bandit,
Un bandit à la fleur de l'âge,
Parce que le destin maudit
A frappé mon frère au village...
GIACOMONI Ignazio
BORGHELLO
CIPRIANI
COLOMBANI Jean Antoine
STEFANINI Agostinu dit "Tortu".
Racket,
enlèvements. Il permet l'élection du maire de Sari-d'Orcino en 1841. Il sera tué par les voltigeurs corses en
1842
BENEDETTI
POLI Matéo de Balogna
Félix MICAELLI, dit "Feliciolu"
(1887-1932)
La région du Fiomorbo est à l'époque connue pour la
violence de ses Vendetta; Certaines ont décimé jusqu'a
vingt cinq membres d'une même famille. Inspirant la
terreur, des bandits, comme Jean-Antoine Colombani,
faisaient en politique la pluie et le beau temps.
Félix MICAELLI, originaire d'Isulacciu
di Fiumorbu, pourtant, n'était pas de ceux là.
C'était le type même du Bandit d'honneur dont l'histoire
commence de la même manière que celle de Gallocchio. A
dix huit ans, il enlève, consentante, la jeune fille
qu'il aime. Le père porte plainte contre Félix Miacaelli
qui crie sa bonne foi aux gendarmes venus pour
l'arrêter. Refusant de les suivre, il tue un gendarme et
en blesse un deuxième. Ayant pris le maquis, il tue pour
se défendre, son cousin germain, le bandit Leonettu
Bartoli, un être
particulièrement dangereux qui voulait le supprimer et
tous ceux qui lui font "la spia". Fatigué de fuir, il
parvient à quitter la Corse pour Marseille où il
s'engage dans la légion étrangère. Excellent soldat,
apprécié de ses supérieurs, il est destiné à une
carrière prometteuse. Mais le hasard veut qu'il soit
reconnu par un compatriote. Contraint de quitter la
légion, il rentre en Corse et reprend le maquis où il y
mènera dès lors une vie sans histoire, fuyant le
gendarme et tout ce qui porte un uniforme. Respecté de
tous, il intervient comme "paceru"dans les familles en
discorde. Pour vivre, il devient surveillant des
exploitations fromagères et forestières. En 1914, quand
la guerre éclate, il devient un "auxiliaire" de la
justice en remettant les déserteurs à la police. En
1926, le poète Maistrale intervient pour lui
demander son appui afin de protéger contre le vol la
perception de Prunelli di Fiumorbo.
Ainsi fut la vie de ce bandit d'honneur, qui vécut une existence surprenante
entouré de ses 3 femmes et de ses nombreuses maîtresses.
Ghjuvan' Simone ETTORI
(1880-1962)
Jean-Simon Ettori est né à Moca Croce.
Pour une sombre histoire de dette vieille de plus de
vingt ans, il intervient pour régler le différent
avec un certain Lenzi de Pila Canale. Accompagné de deux
amis, Charles Ettori et Tafanelli, il rencontre donc
dans son bar à Pila Canale le dénommé Lenzi auquel il
vient remettre la somme demandée moyennant la signature
d'un reçu. Les choses s'enveniment, le ton monte, des
coups de feu sont échangés. Charles Ettori atteint
mortellement un client du bar qui avait pris part au
conflit, Simon Ettori blesse
derrière le comptoir, la fille de Lenzi qui tentait de
s'interposer, Tafanelli, qui n'est pas armé, ne tire
pas.
Charles Ettori est arrêté à Moca-Croce et Tafanelli se
constitue prisonnier.
En 1907, la cour d'assise de Bastia condamne
Charles Ettori aux travaux forcés à perpétuité et
Bernardin Tafanelli à 10 ans de réclusion.
Devant un verdict aussi sévère Simon Ettori préfère
rester au maquis et en 1910, après avoir commis 2 autres
meurtres, dont celui d'un gendarme, il décide de quitter la
Corse pour le Venezuela, pays dans lequel il vit pendant
un an de petits métiers avant de se décider à retourner
dans son village pour régler radicalement un différent
avec un cousin qui venait de voler un boeuf à sa femme
pour le vendre.
Après ce 4ème et dernier meurtre, Simon Ettori mène entre Moca-Croce et
le maquis une existence tranquille avec ses trois femmes
et ses 7 enfants, exerçant le métier de cordonnier,
faisant respecter la justice en jouant les
conciliateurs, haïssant les déserteurs et méprisant les
bandits!
En janvier 1932 (déjà condamné deux fois à mort par contumace) sur les conseils de son frère, après de
longues négociations avec le Procureur de la République, il décide de se constituer prisonnier.
L'avocat César Campinchi qui a choisi de le
défendre plaidera l'acquittement.
CIAVALDINI Antoine: Auteur de12 assassinats.
BOCOGNANO François
GASPARINI Natale devient bandit en 1920
SCAPOLA Ghjuan' Baptista devient bandit en 1830
jusqu'en 1846
Les freres RIBETTI, de Casevecchie
RICCIARDI Don Luiggi
BASTIANESI Francescu, d'Ucciani
NEGRONI Ghjuliu. Rival de GALLOCCHIO
SAROCCHI François. né en 1792 à Rusiu.
Condamné 15 fois dont 4 à la peine de mort. Obtient en
1824 des autorités un passeport italien.
FIASCHETTI et GERMANI. Instaurent la terreur en
Castagniccia.
CASANOVA. D'Evisa
GAMBINI Pasquale
Dans l'impossibilité
d'éradiquer le crime, la justice préfère se débarrasser
de ses bandits. En 1823, avec GALOCCHIO il bénéficie
d'un sauf-conduit pour quitter la Corse.
BASTIANI Antone.
Petru GIOVANNI
(1859-1899)
Petru Giovanni est né en 1859 à
Sartène.En 1884 il commet son premier vol et son premier
meurtre. En 1898, il a à son actif 15 assassinats.
Après avoir terrorisé et racketté
toute la région pendant plus de 15 ans, le 16 novembre
1899, il est finalement tué durant son sommeil d'une
balle en pleine tête, dans une bergerie près de Conca
par le père de la jeune qu'il était venu séduire.
Antonio -Marco ALFONSI dit
"Muzarettu"
(1866-1952)
Antoine Marc ALFONSI, dit "Muzarettu"
est né à Grossa (Sartène) le 15 novembre 1866. Il est
issue d'une fratrie de 8 enfants. Si on le surnomme "Muzarettu",
c'est parce qu'enfant, il aimait sauter par dessus les
haies et les cours d'eau comme un "petit mulet".
A 21 ans, il épouse Pauline Tomasi
qui lui donnera 6 enfants.
Un jour, Muzarettu, reproche à son
neveu Toto Giannini ses fréquentations avec le
bandit Bartoli. Giannini n'accepte pas les reproches de
son vieil oncle et le gifle. Muzarettu, s'en rentre
aussitôt chez lui, prend son fusil et part à la
recherche de son neveu bien décidé à laver l'affront
qu'il vient de subir en public. Il le trouve et sans un
mot lui tire deux balles en pleine poitrine. Voici donc
Muzarettu, contraint de prendre le maquis à l'âge de 66
ans. Conseillé par ses proches, il finit par se rendre
aux Gendarmes. Il sera jugé et finalement acquitté.
En juin 1943, expulsé par
les Italiens de son logement de Porto-Pollo, il en rend
responsable le secrétaire de Mairie et l'abat; 4 mois
plus tard, il commet son 3ème meurtre. De nouveau au
maquis, il est surpris par les gendarmes et emprisonné à
Ajaccio. Mais âgé (il a 78 ans) et souffrant
probablement d'un cancer qui lui ronge le visage, il est
conduit à l'hôpital Eugénie dont il s'évade le 02
novembre et rejoint le maquis dans les environs de
Campomoro. Il est de nouveau condamné par contumace au
travaux forcés à perpétuité puis condamné à mort
pour un double homicide le 07 juin 1945. Fatigué et
défiguré par la maladie le vieux bandit finira ses jours
au couvent de San Damiano et rendra le dernier soupir le
23 février 1952.
Entre 1846 et 1850 on ne compte pas moins de 146
homicides par an.
Alors, pour aider les gendarmes à capturer les bandits,
une seule arme s'avère efficace: La prime.
L'état installe la corruption. Des groupes de
voltigeurs, sorte d'auxiliaires de justice, sont créés.
Les
actes de trahison se multiplient.
Les meurtres baissent de moitié en 1851 et, en 1855, on
n'en compte plus qu'une trentaine.
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Dernière mis à jour pour cette page: 27
décembre 2011 |
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