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Nonce, Louis Romanetti est né à Calcatoggio le 25 juillet
1882.
Il exerce dans son village
la profession de boucher, mais il vient de déposer une
demande pour devenir gardien de prison.
En 1899, un jour
d'élection, comme cela arrivait souvent au cours de ces
journées enflammées, une bagarre éclate sur la place du
village et Romanetti blesse d'un coup de stylet son
adversaire. Cette première affaire lui vaut d'être
arrêté et condamné à 10 mois de prison. Il a juste 15
ans.
En 1904, il blesse à
nouveau d'un coup de stylet un habitant de Calcatoggio,
ainsi que son épouse qui tentait de s'interposer, parce
qu'il avait manqué à sa parole électorale. De nouveau arrêté et
condamné, après avoir purgé 3 ans de prison à Nîmes, il
revient au village en 1913.
Un jour, un de ses amis se propose de lui vendre un
boeuf; Romanetti accepte, mais il ne sait pas que
l'animal a été volé.
Au
moment où il est en train de charcuter sur la place du
village, le propriétaire de l'animal vient le voir pour
lui demander réparation. Romanetti, ne peut pas dénoncer
son ami, alors il accepte de réglé la bête au prix
demandé. L'affaire aurait pu en rester là, mais le
propriétaire se ravise et dépose plainte.
Cette affaire pour vol, dont
il est, injustement accusé, lui vaut une
nouvelle condamnation à 5 ans de prison et 5 ans
d'interdiction de séjour. Mais Romanetti, qui a pris le
maquis, avec la ferme intention de se venger, est
condamné par contumace. Quelques mois plus tard, en
janvier 1914, alors
que Giulio-Cesare Carbuccia, l'homme qui l'a fait condamner, se rend à la messe au
col de San-Bastiano, près du village où l'on célèbre la
fête patronale, le bandit, caché derrière un
fourré, l'abat d'une balle en pleine tête. Désormais,
dans l' épaisse végétation qui entoure le Cruzinu,
Romanetti organise sa vie. Beau garçon, il cumule les
aventures amoureuses et prend souvent des risques
inconsidérés que les gendarmes, connaissant sa
faiblesse, tentent en vain d'exploiter.
Au cours de cette même
année, il ne répond pas à
l'ordre de mobilisation et entreprend le commerce en
gros de la viande de boucherie. Il signe un contrat avec
la firme Roquefort pour l'approvisionnement des
fromageries et devient l'intermédiaire des bergers. Devenu riche, il s'offre une escorte de
protecteurs qui surveillent pour lui le maquis et troque
son cheval contre l'automobile qui vient de faire son
apparition sur les routes de Corse.
En 1919, le mariage de
l'une de ses
filles avec Jean-Marie Mancini, célébré au maquis, est
l'objet de fastueuses réjouissances auxquelles
sont conviées de nombreuses personnalités ainsi que tous
les maires du canton de l'Orcino. La notoriété de
Romanetti ne fait que croître.
Respecté de tous, il
est appelé à exercer son influence comme paceru
au sein des familles dans la discorde. Même les
meurtriers lui demandent conseil; comme cet instituteur
de Calcatoggio qui après un accès de démence, venant de
tuer son épouse et ses deux enfants lui demande ce qu'il
doit faire. Romanetti lui répond: "après ça, il ne te
reste plus qu'à rentrer chez toi et à te tirer une balle
dans la tête". L'instituteur suivra aussitôt son
conseil.
La politique, les campagnes
électorales, comme celle de 1920 à laquelle il prit une
part active, occuperont
une place très importante dans la vie du bandit.
En mai 1922, lors de sa
venue en Corse, Alexandre Millerand, Président de la
République, serre la main de Romanetti qui fait partie
du cortège des maires reçus à Evisa.
En
1923, il soutient la campagne du riche industriel François
Coty, originaire d'Ajaccio, qui est venu lui
demander la permission de se présenter aux élections
sénatoriales.
Adulé des femmes, courtisé par les
hommes désireux d'obtenir ses grâces, il mène le train
de vie d'un prince: On le voit partout aux meilleures
tables, distribuant avec largesse de généreux
pourboires. Sûr de son invincibilité,
il s'installe au golfe de Lava avec Madeleine Mancini.
Régulièrement informé des opérations de gendarmerie, il
parvient systématiquement à fuir pour éviter
l'affrontement.
Lors d'un entretien avec un
journaliste il lui déclara ceci: "Dites bien à vos
lecteurs que Romanetti n'est ni un voleur, ni un lâche
et que je n'ai jamais fait de tort à qui que ce soit...
je m'efforce même d'adoucir le sort de ceux qui ont faim
en les aidant dans la mesure de mes moyens. Je n'ai
jamais tué que pour me défendre".
De la vallée de la Cinarca à la
montagne de Vizzavona, Nonce Romanetti s'était
autoproclamé roi du maquis et on le surnommait "le
bandit dandy".
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Il avait obtenu une notoriété qu'il
cultivait par les nombreuses réceptions accompagnées de
musiques et de chants qu'il organisait dans "son palais
vert". Des personnages illustres, qu'il recevait
volontiers avec
une mise en scène calculée, se sont succédés à sa table
et ont colporté sa renommée bien au-delà de l'hexagone.
Une nuit du 25 avril 1926, sur la
route de Lava, alors qu'il rejoint sa tanière à Pevani, il ne verra pas venir les balles
qui l'atteignent mortellement.
Qui a criblé son corps de balles
de chevrotines ? Peut-être, un proche de son entourage
comme son fidèle ami de Bocognano (en cette fin de mois,
Romanetti avait dans sa poche la paie de tous les
bergers qui travaillaient pour la firme Roquefort) mais certainement pas
les gendarmes, malgré ce que racontera le journal local
du lendemain !... sauf le petit journal qui s'interroge.
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Article paru dans le petit
journal le
27 avril 1926 |
A l'apogée de la gloire, la vie de
Nonce Romanetti s'achève brutalement, comment pouvait-il
en être autrement ?,
après 15 années passées dans un maquis doré. Plus de
5000 personnes suivront le cortège de ses funérailles
jusqu'à sa dernière demeure dans la propriété familiale de Calcatoggio
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Acte de décès et tombe de Nonce
Romanetti
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Photo (rconstitution) de l'assassinat du
bandit parue dans le supplément illustré du
Petit journal le 09 mai 1926 |
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