GHJACUMU BONICARDU

 

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LES BANDITS CORSES

GALLOCHIO

(1800-1835)

Il se nomme Giuseppo ANTONMARCHI mais on le surnomme Gallochio (le petit coq) sans doute  à cause de sa voix enrouée qui tend vers les aigus. Né vers 1801, il est l'aîné d'une famille de six enfants (quatre garçons et deux filles). Contrairement à ses frères, c'est un enfant pâle et chétif que ses parents destinent à la prêtrise.

Après avoir terminé ses études au séminaire d'Ajaccio, il retourne dans son village d'Ampriani et tombe très vite amoureux de la belle Maria-Grazia-Luisa Vincensini qui vient tout juste d'avoir 15 ans et qui habite le village de Casevecchie (à l'époque, sur les  communes de Noceta et de Rospigliani). Le brave garçon, perdant sa foi et sa vocation religieuse, range sa soutane et fait promettre à Marie-Louise qu'elle deviendra sa femme. On procède donc à la cérémonie de l'abraccio et la  date du mariage est fixée pour la fin novembre.

Mais, c'est sans compter sur la détermination de Rosella,

Le village d'AMPRIANI

la mère de Marie-Louise, qui a décidé d'un meilleur parti pour sa fille et qui est prête à tout pour se débarrasser de ce prétendant qu'elle juge indésirable et surtout pas assez riche.

Elle persuade le pauvre Gallochio d'une idylle naissante entre le jeune Cesar Négroni et sa fille..

Alors Gallochio n'a pas d'autre solution que de simuler, avec son consentement, l'enlèvement de la jeune fille. Quelques jours après cette scapaticcia (fugue), le couple revient au village croyant, selon la coutume, obliger ainsi les parents de Marie-Louise à considérer leur union comme un fait accompli. Mais les chose s'aggravent et désormais, le personnage intriguant de Rosella, va tout mettre en oeuvre pour écarter le prétendant. Elle fait officialiser les nouvelles fiançailles avec César Negroni, puis elle va ensuite accuser Gallochio d'avoir enlevé sa fille et le dénonce aux gendarmes qui se présentent aussitôt au domicile de ses pauvres parents qui ne comprennent pas. Leur fils, anéanti par la nouvelle de cette union et par de telles accusations a déjà pris le maquis après avoir promis à Rosella que le mariage qu'elle a organisé ne se fera jamais. Ce gringalet qui la menace, ne fera jamais peur à personne pense-t-elle !

Et pourtant... La veille du mariage, le père de Marie-Louise, ange-Joseph Vincensini est abattu d'un coup de fusil en pleine tête; Gallochio vient de se venger de la plainte pour enlèvement dont il a été injustement accusé. C'est le début d'une longue série de meurtres, l'époque sans doute la plus meurtrière du banditisme en Corse.

Et puis le mariage à lieu, le village est en liesse mais dans la maison de Gallochio, les volets restent clos. Tard dans la nuit, Marie-Louise et son époux ont regagné la chambre nuptiale. Dehors, Gallochio attend patiemment son heure. Il lance des petits cailloux contre les persiennes closes qui ne tardent pas à s'ouvrir. Un coup de feu semblable à un coup de tonnerre raisonne dans la nuit. César Négroni s'effondre, un trou béant au milieu du front, coupable seulement d'avoir épousé une fille qui ne lui était pas promise.

C'est ensuite le tour des deux cousins de la famille qui ont pris également part à la vendetta, Joseph et Victor  Filippi, de François-Xavier Giacobetti, frère de Rosella. En représailles, le frère de César Négroni, Jules dit "Pévérone", abattra le plus jeune frère de Gallochio, Carlo-Filippo. Pour ce crime et deux autres, Jules Négroni sera arrêté et jugé le 31 janvier 1839. La cour de cassation le condamnera à perpétuité. Envoyé au bagne de Toulon, il se suicidera deux ans plus tard en se sectionnant les veines. Les deux autres frères de Gallochio, Françescu et Don Marcu seront abattus plus tard par les gendarmes. Seule la soeur , maria Antonmarchi, survivra dans la famille, à l'affreuse tuerie.

C'est aussi en 18 mois, les assassinats d'une trentaine de gendarmes perpétrés en compagnie du bandit Sarrochi dit "Ceccu", de Tiodoru Poli, et des frères Gambini de Corte avec lesquels Gallochio et son frère François se sont liés pour mieux se défendre contre la maréchaussée.

Impuissant à endiguer la violence des bandits toujours plus présents, le préfet de la Corse décide de traiter avec eux en leur offrant l'impunité et des passeports pour quitter le pays. C'est ainsi, qu'en Août  1823, Gallochio part en Grèce pour s'enrôler dans l'armée gouvernementale qu'il ne quittera qu'en 1826, avec un grade d'officier supérieur, pour revenir en Corse.

Il n'a pas 30 ans et il est riche.

Mais au pays, le destin attend Gallochio. Le 18 novembre 1835 sur la commune d'Altiani, les frères Serpentini de Focicchia sont en train de labourer leur champ en compagnie d'un ami, Ange Poli quand ils aperçoivent le bandit qui se dirige vers eux. Ils connaissent Gallochio qui est un habitué de la région et ils n'ont pas lieu de s'alarmer.

Que s'est-il donc dit ce jour là? quels propos ont pu être échangés ? le bandit venait-il chercher vengeance pour la mort de son jeune frère ?....

Le village d'ALTIANI

Le temps en a perdu les raisons. Soudain, Gallochio, qui tente de décharger son fusil sur ses agresseurs, s'effondre. L'un des frères Serpentini vient de lui asséner dans le dos un coup de hachette mortel.

Ainsi s'achève brutalement la terrible vendetta de celui qui fut par 45 fois meurtrier et par 27 fois condamné à mort par contumace. Le scapulaire de la Sainte Vierge qu'il portait à son cou, cette fois là ne l'avait pas protégé.

 

   Acte de décès de Giuseppo ANTONMARCHI  

   surnommé Gallochio 

   Maria-Grazia Luisa VINCENSINI  

  d'après Joseph MARIANI 

 

Dernière mise à jour pour cette page: 21 avril 2011