GHJACUMU BONICARDU

 

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LES BANDITS CORSES

CASTELLI

(1876-1929)

François Marie (Francescu Maria) Castelli, est le type même du bandit percepteur.

Il est né à Carcheto, en Castagniccia, en 1876. Après une enfance paisible, il commet le 08 septembre 906, son premier meurtre: Au couvent d'Alésani, alors qu'une journée de liesse se termine, au cours d'une partie de cartes bien arrosée,  il vient d'abattre son cousin germain, Jules Santini pour un différent mineur vieux de deux ans.

Après avoir d'abord pris le maquis, il se constitue prisonnier à la gendarmerie de Piedicroce en janvier 1907. La cour d'assise le condamne à cinq ans de prison et à cinq ans d'interdiction de séjour. Libéré pour bonne conduite en juillet 1911, il revient aussitôt au village de Carcheto, malgré l'interdiction de séjour, avec la ferme intention de se venger de Léon Chipponi, un homme qui a déposé contre lui durant le procès. Ce dernier échappe de justesse aux balles de Castelli qui guettait son passage à une croisée des chemins vers Carpineto.

 Le 10 août de la même année, à Zalana, Castelli tue deux gendarmes qui tentaient de l'interpeller à la suite d'un mandat d'arrêt lancé contre lui. Le 19 août, posté derrière un châtaignier, il abat froidement Sébastien Arrighi qui 24 ans auparavant avait eu une dispute avec son père! et ordonne à sa veuve de quitter aussitôt le village de Carcheto.

Des homonymes, les frères François Xavier et Jean-François, qui ont aussi témoigné contre le bandit, vivent dans la peur. Ayant été informé des intentions du bandit, Jean-François Castelli, s'est barricadé chez lui. Le bandit se poste devant sa maison et interdit à quiconque de s'en approcher. Il a l'intention de laisser mourir de faim le pauvre homme.

La cruauté de Castelli atteint son paroxysme quand le 06 mai 1912, il tire et blesse mortellement à l'abdomen sa nièce, Maria Castelli à peine âgée de 18 ans qui avait eu la témérité de venir ravitailler son père. Seul, Mathilda Castelli, 13 ans, tente de porter secours à sa soeur. Les autres habitants de CARCHETU qui ont assisté au drame, restent cachés dans leur maison et laissent agoniser la malheureuse pendant deux jours. Quand les gendarmes arrivent, il est trop tard. Castelli menace ouvertement la population du village en faisant savoir  qu'il y aura des représailles si quelqu'un s'aventure à fabriquer un cercueil à la malheureuse victime. Marie Castelli sera enterrée, enroulée dans un simple drap.

Le 26 août 1912, les propos d'Antoine Raffali, charretier de son état, dérangent profondément Castelli, qui l'abat à Brustico de deux coups de fusil tirés presque à bout portant.

Le 02 octobre 1917, Paul Félix Albertini, son ancien guide, est abattu à son tour.

En décembre 1921, à Pietricaggio après une soirée de beuverie, Jean-André Lamberti, un berger de Piubetta, autre guide de Castelli, est froidement abattu par le bandit qui le soupçonne de l'avoir entraîné dans un guet-apens tendu par les gendarmes de Valle-d'Alesani.

Le bandit Castelli dans son cercueil

La mort d'un bandit

Ainsi se déroule la cavale de ce terrible bandit, sans doute le plus sanguinaires et le plus inhumain de tous, qui pendant 18 ans va terroriser les habitants d'une paisible région de Castagniccia". De l'Orezza à l'Alésani, il parcourt les villages en faisant annoncer sa venue. ( A mon grand-père qui l'avait souvent pour "hôte", il confiera: "J'ai commis de nombreux crimes, mais le seule que je regrette c'est celui d'avoir tué cette jeune fille")  Chaque habitant, aussi bien de jour comme de nuit, doit laisser sa porte ouverte au bandit qui s'invite tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre pour le gîte ou le couvert.

Quand il a besoin d'argent, c'est aux notables, aux gens aisés, au curé, qu'il s'adresse.( Ma tante me raconte que gamine, un jour, avec sa cousine, elles le croisèrent dans les escaliers alors qu'elles venaient rendre visite au  curé de mon village. Du haut des escaliers, le bandit les mit aussitôt en joue avec son fusil pour les faire fuir et les inciter au silence).

Castelli n'a pas besoin de demander, car tous savent que ses visites n'ont rien d'amical. A la crainte, se mêle parfois l'orgueil d'avoir reçu un "hôte de prestige" et il arrive même parfois que l'on se dispute l'honneur de l'avoir à sa table dans le but de s'en faire un allié, un ami, un protecteur. Les hommes politiques ne se privent pas non plus de le solliciter pour une aide électorale et pour motiver les indécis. Il est lui même candidat aux élections législatives de 1924. Mais cette intrusion dans la vie politique dérange des hommes influents de la région qui prennent la résolution de supprimer le bandit.

François Marie Castelli a 53 ans quand, le 23 janvier 1929, vers 17 heures, au hameau de Mezzane, près de Chiatra, en quittant la maison de Paulin Mattei où il venait de se restaurer, il s'écroule mortellement blessé. Il vient de recevoir une balle dans le dos.

On trouvera dans ses poches, avant qu'il ne soit enseveli au bord du chemin, sur les lieux mêmes où il fut abattu, une statuette de Saint Antoine.

 

Autres bandits de Castagniccia: FIASCHETTO et GERMANI.

 

   Acte de décès, village de Chiatra et hameau des mezzane où fut abattu 

  Francescu-Maria CASTELLI 

 

Dernière mise à jour pour cette page: 26 décembre 2011