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François Marie (Francescu Maria) Castelli,
est le type même du
bandit percepteur.
Il est né à Carcheto, en
Castagniccia, en 1876. Après une enfance paisible, il
commet le 08 septembre 906, son premier meurtre: Au
couvent d'Alésani, alors qu'une journée de liesse se
termine, au cours d'une
partie de cartes bien arrosée, il vient d'abattre
son cousin germain, Jules Santini pour un différent
mineur vieux de deux ans.
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Après avoir d'abord pris le maquis, il se
constitue prisonnier à la gendarmerie de Piedicroce en
janvier 1907. La cour d'assise le condamne à cinq ans de
prison et à cinq ans d'interdiction de séjour. Libéré
pour bonne conduite en juillet 1911, il
revient aussitôt au village de Carcheto, malgré
l'interdiction de séjour, avec la ferme
intention de se venger de Léon Chipponi, un
homme qui a déposé contre lui durant le
procès. Ce dernier échappe
de justesse aux balles de Castelli qui guettait son
passage à une croisée des chemins vers Carpineto. |
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Le 10 août de la même année,
à Zalana, Castelli tue deux
gendarmes qui tentaient de l'interpeller à la suite d'un
mandat d'arrêt lancé contre lui. Le 19 août, posté derrière un
châtaignier, il abat froidement Sébastien Arrighi qui 24
ans auparavant avait eu une dispute avec son père! et
ordonne à sa veuve de quitter aussitôt le village de
Carcheto.
Des homonymes, les frères François
Xavier et Jean-François, qui ont aussi témoigné contre
le bandit, vivent dans la peur. Ayant été informé des intentions
du bandit, Jean-François Castelli, s'est barricadé chez lui.
Le bandit se
poste devant sa maison et interdit à quiconque de s'en
approcher. Il a l'intention de laisser mourir de faim le
pauvre homme.
La cruauté de Castelli atteint son
paroxysme quand le 06 mai 1912, il tire et blesse mortellement à
l'abdomen sa nièce, Maria Castelli à peine
âgée de 18 ans qui avait eu la témérité de venir
ravitailler son père. Seul, Mathilda Castelli, 13 ans, tente
de porter secours à sa soeur. Les autres habitants de CARCHETU
qui ont assisté au drame, restent cachés dans leur
maison et laissent agoniser la malheureuse pendant deux
jours. Quand les gendarmes arrivent, il est trop tard. Castelli menace
ouvertement la population du village en faisant savoir
qu'il y aura des représailles si quelqu'un s'aventure à
fabriquer un cercueil à la malheureuse victime. Marie
Castelli sera enterrée, enroulée dans un simple drap.
Le 26 août 1912, les propos
d'Antoine Raffali, charretier de son état, dérangent
profondément Castelli, qui l'abat à Brustico de deux
coups de fusil tirés presque à bout portant.
Le 02 octobre 1917, Paul Félix
Albertini, son ancien guide, est abattu à son tour.
En décembre 1921, à Pietricaggio
après une soirée de beuverie, Jean-André
Lamberti, un berger de Piubetta, autre guide de Castelli, est
froidement abattu par le bandit qui le soupçonne de
l'avoir entraîné dans un guet-apens tendu par les
gendarmes de Valle-d'Alesani.
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La mort d'un bandit |
Ainsi se déroule la cavale de ce
terrible bandit, sans doute le plus sanguinaires et le
plus inhumain de tous, qui pendant 18 ans va terroriser
les habitants d'une paisible région de Castagniccia". De l'Orezza à l'Alésani, il
parcourt les villages en faisant annoncer sa venue.
( A mon grand-père qui l'avait souvent pour
"hôte", il confiera: "J'ai commis de
nombreux crimes, mais le seule que je
regrette c'est celui d'avoir tué cette jeune
fille") Chaque habitant, aussi
bien de jour comme de nuit, doit laisser sa
porte ouverte au bandit qui s'invite tantôt
chez l'un, tantôt chez l'autre pour le gîte
ou le couvert.
Quand il a besoin d'argent, c'est aux notables,
aux gens aisés, au curé, qu'il s'adresse.( Ma tante me
raconte que gamine, un jour, avec sa
cousine, elles le croisèrent dans les
escaliers alors qu'elles venaient rendre
visite au curé de mon village. Du haut
des escaliers, le
bandit les mit aussitôt en joue avec son
fusil pour les faire fuir et les inciter au
silence). |
Castelli n'a pas
besoin de demander, car tous savent que ses visites
n'ont rien d'amical. A la crainte, se mêle parfois
l'orgueil d'avoir reçu un "hôte de prestige"
et il arrive même parfois que l'on se dispute l'honneur de l'avoir à sa table
dans le but de s'en faire un allié, un ami, un protecteur. Les hommes politiques ne se
privent pas non plus de le solliciter pour une aide
électorale et pour motiver les indécis. Il est lui même
candidat aux élections législatives de 1924. Mais cette
intrusion dans la vie politique dérange des hommes
influents de la région qui prennent la résolution de supprimer le
bandit.
François Marie Castelli a 53 ans
quand, le 23 janvier 1929, vers 17 heures, au hameau de Mezzane, près de Chiatra, en quittant
la maison de Paulin Mattei où il
venait de se restaurer, il s'écroule mortellement
blessé. Il vient de recevoir une balle dans le dos.
On trouvera dans ses poches, avant
qu'il ne soit enseveli au bord du chemin, sur les lieux
mêmes où il fut abattu, une statuette de Saint Antoine.
Autres bandits de Castagniccia:
FIASCHETTO et GERMANI.
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Acte de décès, village de
Chiatra et hameau des mezzane où fut abattu
Francescu-Maria CASTELLI
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