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Un rapport de gendarmerie du
XIXème siècle donne du bandit la définition suivante: "
C’est un homme qui répond à une sommation en prenant le
maquis".
Le bandit Corse est tour à tour,
l’ami et l’ennemi d’une population qui le craint ,
l'admire ou le respecte. Alors que le gendarme est
« l’étranger », le bandit « appartient » à la
communauté, même quand il est haï. Nourrir, loger,
protéger un bandit, c'est s'assurer ses services. Le
bandit d’honneur est opposé au bandit percepteur sans
qu’il soit réellement possible de les classer
respectivement dans telle ou telle catégorie. La
littérature romantique s’est emparée du mythe du
« bandit d’honneur ». La réalité est beaucoup plus
cruelle et parfois plus sordide. Entre 1818 et 1852,
quatre mille six cent quarante-six meurtres sont commis
dans l’île, soit une moyenne annuelle de cent trente
assassinats. Pour la seule période comprise entre 1821
et 1846, on dénombre 200 homicides en moyenne par an.

Réfugiés dans les montagnes,
certains bandits assassinent en quasi toute impunité,
terrorisent et rançonnent les populations des villages,
parfois même les villes d'Ajaccio et Bastia. Si la
vendetta représente à elle seule une partie de la
violence en Corse, le statut de bandit permet à travers
une violence individuelle de se procurer un argent
facile. Les populations locales, en dépit de quelques
sympathies, subissent ce tribut criminel et ne se
trompent guère sur les ressorts qui animent ces hommes
en les nommant : « I Percetori » (les
percepteurs). La position de bandit est même une source
d’influence dans la société insulaire où la justice a
toujours été considérée comme inefficace ou
insuffisante. La création en 1822 d’un corps de
voltigeurs, composé uniquement d’insulaires dont
certains ont choisi de faire partie dans le but inavoué
de régler leurs comptes en toute impunité, se révèle
efficace mais les excès qui s'ensuivent conduisent à sa
dissolution en 1850.
Cependant, la lutte contre le
banditisme s'intensifie. Les effectifs de la gendarmerie
sont renforcés et réorganisés en 1851. Une loi du 10
juin1853 interdit le port d’armes à feu et d'armes
blanches. On estime que le département est passé
de 148 bandits en 1852 à moins d'une dizaine en 1854.
Mais au début des années 1920, le
banditisme redevient actif dans l’île et brave les
forces de l’ordre impuissantes. A travers les
reportages qui franchissent les frontières, les bandits
deviennent même célèbres : Spada, Caviglioli,
Bartoli, Romanetti. Certains d’entre eux se
tourneront vers « le gangstérisme » et exerceront leurs
activités sur le continent. Afin d’éradiquer
définitivement cette menace, les autorités organisent en
novembre 1931 une véritable expédition militaire
composée de 6 compagnies de 90 gardes mobiles, un
impressionnant matériel de guerre, des auto
mitrailleuses et des chiens policiers. Dans de nombreux
villages, le couvre feu est proclamé. En peu de temps
plus de 160 personnes sont incarcérées à la prison
d'Ajaccio.
En 1935, le dernier des bandits,
Spada, sera guillotiné en public, place Saint
Nicolas à Bastia.
Et
voici comment la presse continentale voyait les bandits de
notre île à cette époque.
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