GHJACUMU BONICARDU

 

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ADJACIUM

Dans l'antiquité, bien avant le XVème siècle, une cité s'étendait entre l'actuel oratoire de Sainte Lucie et la colline de Castel-vecchio. Des vestiges archéologiques découverts à l'emplacement de l'usine Alban, ou le sarcophage de Castel-Vecchio en témoignent. Dévastée par les invasions barbares, ravagée par le paludisme, la cité insalubre fut abandonnée pour un endroit plus sain et plus facile à défendre.

 

LA NAISSANCE DE LA CITE GENOISE ET LA CITADELLE

(Armoiries d'Ajaccio en 1575)

Le 30 avril 1492 à l'extrémité du promontoire de Capo di Bollo, à l'emplacement appelé Punta della Leccia, la banque de Saint Georges fait poser la première pierre de ce château fort qu'on appellera u castellu. Dans l'enceinte même de la citadelle on construit l'église Santa Croce et un moulin à vent qui va permettre aux habitants de la cité d'y apporter leur blé à moudre.

A la fin du XVe siècle la nouvelle cité baptisée AIACCIU s'étend à l'intérieur d'un triangle délimité par la piazza del diamante, la piazza del olmo et la citadella.

En 1552 le maréchal De Thermes, commandant militaire de la place, fera ceindre le château d'épaisses murailles avec des tours et des bastion fortifiés. Il deviendra en 1554 "A CITTADELLA". En 1562, la citadelle sera complètement isolée de la ville par de larges fossés remplis d'eau de mer qui serviront également de fosse commune. Au milieu du XVIème siècle, le village compte plus de 700 habitants. Quand la Corse devint Française en 1769, la citadelle connut de nombreux aménagements:

En 1776, on construisit le pont d'accès en pierre; En 1784, les fossés, où stagnait une eau de mer putride, furent asséchés par ordre de l'administration Royale. En 1790, les murailles furent démolies et en 1800, Bonaparte ordonna la démolition des portes de la ville et fit procéder au démantèlement de la citadelle.

 

LE DEVELOPPEMENT D'AJACCIO

Il faudra attendre le XVIIIème siècle pour voir la cité se développer autour de l'enceinte fortifiée de la citadelle en suivant l'axe de 3 rues principales: La strada del Duomo (rue Forcioli Conti), la Strada del diamante (rue Roi-de-Rome), la Strada diritta (rue Bonaparte) qui se prolongera pour donner naissance au quartier di U Borgu (La rue Fesch) réservé aux paisani qui viennent s'établir à Ajaccio mais qui ne sont pas admis au delà des portes de la ville.

Des constructions commencent timidement à voir le jour le long du bord de mer. Au premier recensement de 1770, Ajaccio compte 4000 habitants. En 1786, d'après le plan Terrier, il y a environ 4700 habitants. La population atteindra 14000 habitants en 1872.

Sous l'impulsion de Napoléon alors 1er Consul, Ajaccio va rapidement se développer:

Aménagement de la Piazza del olmo (place des palmiers) et ouverture d'une voie vers la grotte (le grand cours- aujourd'hui le cours Grandval), assèchement des marais des salines, adduction des eaux de Lisa, aménagement du quai de la calata (en bordure de la place du marché), aménagement du Cours Ste Lucie (u stradone- futur cours Napoléon), agrandissement de la piazza di u diamante.

A la fin du XIX siècle la population Ajaccienne est de 20000 habitants.

 

AJACCIO EN CE TEMPS LA

Étriquée derrière ses murailles, Ajaccio étouffe. Au delà de la piazza del Olmo (aujourd'hui place Foch) il n'y a que le jardin Négroni et des exploitations agricoles. Et puis, brusquement la ville prend son essor avec un quartier neuf qui s'étale vers Saint Lucie: U BORGU. Les maisons sont basses, certaines, rares, aux dimensions imposantes, appartiennent aux notables. On est surpris par le nombre des édifices religieux pour une cité qui ne compte que 3000 habitants; mais il faut bien enterrer les morts quelque part... car les morts sont nombreux en ce temps là... et on meurt jeune. Une famille de 11 enfants espère raisonnablement que 5 survivront (de préférence des garçons car les filles sont mises de côté et exclues de la succession du patrimoine). La jeunesse est parcourue à pas de géant et l'homme est un vieillard à 50 ans (quand il atteint cet âge). Le mariage, parfois à quatorze ans pour les filles est bien souvent une obligation, une raison sociale. La naissance d'un enfant bâtard, est une excommunication irréversible et c'est pourquoi, le nombre d'enfants trouvés est à cette époque aussi élevé, même en Corse où les jeunes filles étaient réputées pour être des modèles de vertu.

La misère, l'illettrisme, maintiennent les gens du petit  peuple sous la férule des notables. Les Corse, dont le patronyme est naissant (ils ont pour la plupart emprunté le nom de leur village: les Alata, les Tavera, les Bocognano, les Carbuccia, ou un surnom lié à leur profession: les Fornari, les marinari, ou encore un sobriquet: Bellacoccia, Ballalo, Porcu, Scalzo, sciancu), s'opposent aux Génois qui sont arrivés avec leur identité déjà bien établie (les Peraldi, les Baciocchi, les Bonaparte, les Pozzo-di-Borgo, les Benielli, les Forcioli, les Cunéo, les Cataneo), ces notables qui gouvernent Ajaccio et que la révolution va placer aux premiers rangs du pouvoir économique et administratif.

 

Dernière mise à jour: 21 novembre 2011